Son Prologue :«— Tu ne me crois pas !
— Non, je ne te crois pas. Tu es complètement fou !
Les mains moites, l'estomac noué, je voulus reculer encore... pour me rendre compte que ce n'était plus possible. Acculée contre le balcon, le talon perdu dans le vide, seule la fine barrière de métal m'empêchait de faire une chute mortelle. Le c½ur au bord des lèvres, je jetai un coup d'½il derrière moi – le sol semblait si loin ! – avant de reporter mon attention sur Ealen Clarks, le malade mental aux yeux bleus en qui j'avais eu confiance... avant de me rendre compte à quel point il était fou.
— Il faut absolument que tu me crois, continuait-il inlassablement, l'air fébrile.
Et comment pourrais-je le croire ? Son histoire était digne de celles que racontent sans relâche les fous dans leurs asiles.
— Ealen, laisse-moi partir, suppliai-je d'une voix tremblante.
Il ne sembla pas m'entendre. Les poings serrés, il se dandinait d'un pied sur l'autre, les yeux rivés aux miens, une expression indécise affichée sur son beau visage.
— Il faut que tu me crois... Que tu le veuilles ou non, souffla-t-il.
La dernière phrase m'arracha un frisson d'horreur. Mon Dieu, qu'avait-il en tête ? Je me raidis plus encore lorsqu'il commença à s'avancer vers moi, sourcils froncés.
— N'aie pas peur, fit-il avec douceur. Je veux juste que tu me crois.
Bien sûr ! Pensai-je, sarcastique. C'est facile à dire.
Et il s'approchait, pas à pas, mains levés à hauteur de son torse.
Toute tentative d'humour déserta définitivement mes pensées lorsqu'il posa ses mains sur mes épaules. Son expression était à présent celle de quelqu'un qui vient de prendre une importante décision. Je faillis hurler, me retins toutefois ; j'avais peut-être encore une chance, je pouvais peut-être rebrousser chemin, faire semblant de le croire... Sauver ma peau, en clair.
— Tu vas me croire, assena-t-il. C'est important.
Paniquée, je tentai de le repousser... mais le garçon à la cicatrice enserra mes épaules de ses mains fines sans tenir compte de ma faible tentative de rébellion. Il me souleva sans aucun effort apparent...
Et me fit basculer brusquement en arrière.
Je quittai violemment le sol, cul par dessus tête. Muette d'horreur, incrédule, j'étendis mes bras, éraflai le vent de mes doigts, griffai le néant à la recherche d'une quelconque prise où me raccrocher. Ealen, confortablement accoudé au balcon, me regardait toujours tandis que je m'éloignai inexorablement de lui. Je dépassai le balcon à une vitesse ahurissante – ma peur atteignit alors son apogée.
J'hurlai de toutes mes forces »
Avis de Ju' : C'est mon plus gros coup de foudre. On dit que la perfection n'existe pas, cette histoire est l'exception à la règle. Elle est même plus que parfaite. Il n'y a aucun mot pour la décrire. Le lecteur non averti du talent de l'auteure, plonge dans son histoire, est emporté dès les premiers mots, il déguste, il savoure, il plane, pour finalement se prendre une bonne claque lorsqu'il a fini de lire les cinq chapitres, magnifiques, magiques, splendides, de cette histoire. L'auteure possède en effet plein d'outils pour nous faire passer un bon moment. Pas de fautes d'orthographe, grammaire, ou conjugaison à l'horizon. Ce qui est extrêmement agréable, le lecteur n'est pas rebuté. Ensuite, un style époustouflant. Indescriptible. Elle assemble les mots pour former des phrases magiques. Cette histoire, on la lit, on la boit, comme un assoiffé qui n'aurait pas vu une goutte d'eau depuis des siècles. C'est à la lecture de cette histoire que l'on apprend ce qu'est un roman. Car oui, l'auteure a bien l'ambition (et elle a toutes les raisons d'avoir cette amibition) de se faire publier. Au delà du style, qui m'épatera toujours, une richesse de vocabulaire sans équivalent. Franchement, c'est "Wahou".
Après autre argument pour la lire, si vous n'êtes toujours pas parti la lire, son histoire. Originale ? C'est un faible mot. A part. Un talent, une imagination, une histoire. On se laisse vraiment bercer. On ne peut que adorer, et encore c'est un faible mot. Je sais que j'ai écrit un très long avs, mais l'on ne peut qu'être ébahi, et en manque de mots. On se sent stupide d'en parler tellement on a peur de ne pas en parler avec assez de magnificence, de ne pas rendre toute la beauté de cette histoire. C'est difficile de prouver que quelque chose est parfait.
Avis de Lysia : Unerhört c'est une histoire qui vous reste dans la tête toute la journée. Si on commence à la lire, les personnages viendront hanter nos moindres pensées. Les mots sont incroyablement bien choisis, les phrases ont une tournure irréprochable. L'auteur ne dévoile quelques petits mystères petit à petit, mais en échange, elle nous en pose d'autres. Mais on ne lui en veut pas tant son histoire nous attire. Son seul petit défaut c'est les chapitres trop longs. C'est assez décourageant mais s'en n'est pas moins captivant. Bref, Unerhört, c'est une histoire qu'il faut lire !!
Pour la lire, c'est ici.